les lycéens de Paris( lycée Buffon)

, par  Mlle Grandin , popularité : 9%

Après la défaite et la signature, le 22 juin 1940, de l’armistice qui aboutit à l’occupation d’une partie du territoire national par les troupes allemandes, tous les français ne se résignent pas.

Le désir d’agir, de lutter par tous les moyens contre l’occupant, anime Jean-Marie Arthus (15 ans en 1940), Jacques Baudry (18 ans), Pierre Benoît (15 ans), Pierre Grelot (17 ans) et Lucien Legros (16 ans), cinq élèves jusqu’ici sans histoire du lycée Buffon

Distribuant des tracts, collant des papillons, ils multiplient les appels auprès de leurs camarades. Ils s’efforcent de leur faire comprendre que la guerre n’est pas finie ; qu’il faut lutter contre l’armée d’occupation. Ils installent une petite imprimerie qui leur permet de reproduire leurs appels chez l’un d’entre eux où ils cachent également leurs premieres armes. Ils prennent des pseudonymes : « Marchand, André, Françis, Paul, Jeannot ». Les services de police s’inquiètent des activités de ces jeunes gens dont ils ne connaissent pas encore l’identité.
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Au cours de l’année 1941, les groupes et les réseaux de résistance se développent ; les attentats et les sabotages se multiplient contre l’occupant dont les mesures de répression s’intensifient. Les cinq lycéens décident durant l’hiver de s’engager plus avant dans la résistance armée en adhérant au mouvement qui donnera naissance aux Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

En avril 1942, un professeur de Lettres au Lycée Buffon, Raymond Burgard, un des principaux meneur du mouvement de résistance « Valmy », est arrêté à son domicile. La réaction de ses élèves est immédiate. Ils décident de protester publiquement. Durant les vacances de Pâques, ils organisent une manifestation qui se déroule le jeudi 16 avril 1942, jour de la rentrée. A la récréation du matin, une cinquantaine d’élèves d’autres établissements, conduits par Lucien Legros, force l’entrée du lycée et rejoint le groupe de Buffon (un cinquantaine d’élèves), mené par Pierre Benoît. Jean-Marie Arthus, Jacques Baudry et Pierre Grelot. Ils sont chargés de surveiller et de donner l’alerte en cas de danger. La manifestation se dirige vers « la cour des grands » en criant : « Libérez Burgard » et en chantant la Marseillaise.

Pendant dix minutes, tracts et appels sont lancés. Les élèves commencent à se disperser alors que la cloche retentit mais un agent du lycée a fait fermer les issues et prévenir la police. Les cinq jeunes réussissent à s’enfuir, Arthus et Legros par « le petit lycée », Baudry, Benoît et Grelot en se cachant dans les caves de l’établissement avec l’aide de Jacques Talouarn. Lors de ce coup d’éclat, Lucien Legros et Pierre Benoît sont reconnus et dénoncés aux autorités. Désormais fichés comme « Jeunes gens très dangereux » et recherchés, ils sont désormais obligés de vivre dans la clandestinité.

Loin de cesser, l’activité des cinq amis s’intensifie. Le groupe passe à la lutte armée.JPEG

Les 3 et 4 juin 1942, quatre d’entre eux sont arrêtés, sur dénonciation. Seul Pierre Benoît parvient à s’échapper.
Le 17 juin, Lucien Legros, Jean-Marie Arthus et Pierre Grelot comparaissent devant le tribunal spécial de Paris pour avoir participé à une manifestation rue de Buci. La sanction est sans appel : travaux forcés à perpétuité pour les trois jeunes gens. Compromis par ailleurs dans des attentats contre les troupes d’occupation, ils sont remis, ainsi que Jacques Baudry, aux autorités militaires allemandes. Pierre Benoît, en fuite, est condamné à mort par contumace.

Pierre Benoît tombe finalement entre les mains de la police française, le 28 août 1942, alors qu’il avait rendez-vous, près de la gare Saint-Lazare, avec une résistante arrêtée la veille. Apès avoir été longuement interrogé, il est livré aux Allemands.

Le 15 octobre 1942, après un nouveau procès, les cinq jeunes sont condamnés à mort par le tribunal de la Luftwaffe et transférés à la prison de Fresnes. Ils poursuivent leur action au sein même de la prison où ils s’efforcent de rallier leurs gardiens et refusent de recevoir la visite de l’aumônier allemand car il porte l’uniforme SS. Considérés comme fortes têtes, ils sont privés de courrier et de visites. Jacques Baudry et Lucien Legros tentent à deux reprises de s’évader mais sont repris et mis aux fers. Le 8 février 1943, vers 11 heures du matin, ils sont fusillés au stand de tir de Balard (Paris 15e.arr.). Puis, leur corps sont jetés dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.

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